OH (PHILIPPE DJIAN)

OH

Philippe Djian

Gallimard, 2012, 237 pages

4ème de couverture : « décembre est un mois où les hommes se saoulent, tuent, violent, se mettent en couple, reconnaissant des enfants qui ne sont pas les leurs, s’enfuient, gémissent, meurent… » « OH » raconte trente jours d’une vie sans répit, où les souvenirs, le sexe et la mort se court-circuitent à tout instant.

P12 A seize ans, j’ai loupé un avion à la suite d’une beuverie aux fêtes de Bayonne et cet avion s’est écrasé. J’y ai longuement réfléchi. J’ai alors décidé que dorénavant, j’allais prendre certaines précautions afin de protéger ma vie. J’ai admis que ces choses existaient et j’ai laissé rire ceux qui prenaient le parti d’en rire. Je ne sais pour quelles raisons mais les signes du ciel m’ont toujours semblé les plus pertinents, les plus impérieux, et un nuage en forme de X, un genre assez rare pour attirer doublement mon attention, ne peut que m’inciter à me tenir sur mes gardes.

P13 Je vois combien il a vieilli, combien il est devenu sombre en vingt ans… je l’encourage à fumer ou même à courir afin d’évacuer cette amertume ombrageuse qui l’anime la plupart du temps.   

                                                                                                                                  

P16 Imaginer les réactions de mon fils n’est plus en mon pouvoir.

P23 comment croire au hasard

P24 Rien de pire que cette sensation de temps stupidement perdu quand on referme un mauvais manuscrit.

P24 Elle sourit. Anna serait sans doute la bonne personne avec qui en parler si je décidais de le faire.

P29 Il y a un message en suspension dans l’air… Avoir envie en même temps n’arrive pas tous les jours après vingt années de vie commune.

P30 Quoi qu’il se passe, ici-bas, le monde est toujours aussi beau. Ainsi, l’horreur est totale…

P30 Etre continuellement aux aguets, prête à esquiver, ne pas répondre, dégager en vitesse, semer d’éventuels poursuivants. Je connais.

P32 J’ai quitté Richard avant qu’il ne découvre ma liaison avec Robert Vangerlove car je ne voulais pas le blesser inutilement. Blesser Richard n’a jamais été Dans mes intentions. En fait, je pense que j’avais déjà honte de coucher avec le mari d’Anna qui était, qui est toujours, ma meilleure amie. Mais c’était ça ou mourir d’ennui, c’était ça ou se pendre, et un matin, il y a un Robert Vangerlove devant vous, un homme tout à fait ordinaire et sans âme, un homme transparent, souriant de façon un peu stupide, mais vous vous dites pourquoi pas ?, vous flottez, vous vous pulvérisez en milliards de petites cellules indécises, et voilà comment on se retrouve avec une aventure sur les bras, un homme blanc avec un début de ventre, plus ou moins gentil mais terne, dont on ne sait comment se débarrasser, encore qu’il ne soit pas le plus mauvais des amants du monde, mais rien de plus que ça.

P34 j’aimerais que nous restions amis si nous sommes amenés à rompre, mais pour être franche, je n’y crois pas beaucoup… Pourquoi des gens se mettent-ils ensemble ? Regarde-nous. C’est un mystère total, non ? Cette scène a plus de deux ans. Un mois plus tard, nous étions séparés et je respirais enfin. Enfin seule. Libre. Libérée d’un mari dont l’humeur était devenue exécrable, libérée d’un fils dont on ne savait pas très bien à quoi il occupait ses journées, et si peu prisonnière de ma liaison avec Robert que rien, réellement, ne pressait d’y mettre un terme. Quelle révélation. Aujourd’hui, avec le recul, je peux dire que la solitude est le plus beau cadeau du monde, le seul refuge. Nous aurions du nous quitter plus tôt, ne pas attendre. Nous nous sommes donnés en spectacle, l’un envers l’autre. Nous nous sommes montrés sous nos pires aspects, nous nous sommes montrés bas, mesquins, odieux, petits, perdus, capricieux selon les situations et nous n’y avons vraiment rien gagné, peut-être perdu en estime de soi, d’après lui, et je suis d’accord. Quitter quelqu’un demande plus de courage qu’on ne croit, à moins de faire partie de ces zombies dont on a brulé la cervelle, de ces simples d’esprit que l’on croise quelquefois.  Chaque matin je me réveillais et je ne trouvais pas le courage, et les derniers jours je passais mon temps à gémir. Ça nous a pris un long moment. Trois jours, trois longues journées et trois longues nuits pour nous arracher l’un de l’autre en partageant le mobilier, les photos, les films, les documents, les couverts. Certes, il y a eu des cris, un peu de casse. Richard le prenait très mal car il prétendait que j’avais choisi le pire moment pour lui balancer ça dans la gueule… Ne cherche pas à me culpabiliser, Richard. Ne commence pas. En guise de réponse, il m’avait giflée à la volée. Je l’aurais serré ans mes bras. Merci, Richard, merci, lui avais-je dit.

P38 Il dit : « je profite que nous soyons tranquilles pour te parler » et je commence à me raidir, à rentrer ma tête entre les épaules. Quelque chose en moi crie : « Oh non pour l’amour du ciel ! » car je sais vers quoi nous nous dirigeons, je sais vers quelle abime nous avançons

P39 ce qui ne nait pas du sacrifice reste vain

P43 que pouvons-nous encore perdre que nous n’avons pas perdu, aujourd’hui ? On peut aimer un homme sans le considérer comme le meilleur scénariste de tous les temps.. Je mettais sa virilité en doute si je ne tombais pas en admiration devant son travail, je le sentais bien,  et je tenais suffisamment à lui pour ne pas commettre l’irréparable, pour préserver notre relation au moyen de demi-mensonges, de demi-vérités dont il finissait toujours par s’accommoder.

P47 J’ai eu plusieurs fois l’occasion de constater que la peur disparaît lorsque l’on ne peut plus reculer et je suis dans cette situation. Je suis déterminée. J’attends. Qu’il vienne à moi…

P51 je suis un peu troublée à l’idée que Richard puisse refaire sa vie.

P53 J’ai conscience que plus rien ne sera facile, que les années fastes sont derrière nous, que nous avons définitivement mangé notre pain blanc, qu’il convient de se mettre à l’abri, de réduire ses dépenses, d’économiser, etc, mais mieux vaut parfois mourir que de vivre à moitié, dans une sorte de folie et d’irritation permanentes. ..

P62 j’admets ne pas être aussi indifférente que je le devrais au regard de cette nouvelle vie qu’il ambitionne sans même se donner la peine de m’en avertir, oh je sais qu’il n’a aucune obligation de le faire, mais nous avons vécu ensemble pendant vingt ans, j’ai couché avec lui pendant vingt ans, j’ai mangé en face de lui, nous avons partagé la salle de bains, la voiture, les ordinateurs, bref, alors je ne sais pas, je ne sais pas s’il me doit quelque chose, je ne sais pas si je mérite d’être tenue au courant de ses projets, je ne sais pas si je suis autre chose qu’une merde de chien, pour lui, enfin je me le demande quelquefois…

P64 je ne prétends pas avoir le meilleur caractère du monde et je peux me conduire en vraie garce, je n’en doute pas, mais j’estime qu’il l’a mérité. Il m’a blessée…

P71 je ne t’en ai pas parlé parce que je ne suis sur de rien putain/ tu n’es jamais sur de rien, tu ne l’as pas remarqué ?…

P74 Elle ne me pardonnerait pas d’avoir fait ça dans son dos, pas plus que je ne lui aurais d’ailleurs pardonné moi-même, et cependant, j’ai envie de lui dire à quel point j’ai l’impression d’avoir glissé dans cette relation avec son mari, d’avoir été entrainée, d’avoir dévalé une pente inexorable qui mentalement m’anesthésiait : J’ai envie de lui dire à quel point nos luttes sont lamentables

P76 le pire est qu’il va falloir penser aux cadeaux…

P86 Ecoute, j’ai juré de ne plus jamais me disputer avec toi. Je veux que nous restions en bons termes./ Nous sommes en bons termes/ très bien. Et je voudrais que ça le reste après cette soirée, je voudrais que nous soyons en meilleurs termes encore après cette soirée./ tu veux dire, un genre de frère et sœur ? C’est l’image que tu as à l’esprit ? Que nous devenions les meilleurs amis du monde ?/ Et bien… plus ou moins, mais quelque chose de fort/ J’opine vaguement. « Et tu as pensé qu’en ayant une liaison avec cette fille, tu travaillais dans ce sens, de ton coté ? Tu as pensé faire ce qu’il fallait ?/ Je n’ai pensé à rien, Michèle. Arrête./tu ne choisis rien, tu ne penses à rien, la vie est belle non ?

P89 et ceux qui s’impatientaient, qui soulevaient pour la énième fois le couvercle de la marmite pour voir ce qui pouvait sentir si bon, tournent à présent leurs regards éplorés sur moi. Qui n’ai d’yeux que pour Hélène (la nouvelle compagne de son mari qu’elle a invitée) qui vient d’entrer. Superbe. Le plus drôle est que l’on dirait Richard gêné par tant de belles choses réunies dans la même personne.

P94 Je suis accablée, mais je ne le montre pas. Je me vois sonner à leur porte avec un bouquet et un étui de macarons L’adorée. Peut-on vivre ce genre de situation sans perdre une grande part de son estime de soi ?

P102 ne me dis pas ce que je dois faire, Richard. Nous nous sommes séparés pour pouvoir vivre en paix l’un avec l’autre…

P111 c’est non seulement l’éloignement qui sauve leur couple, la distance qu’ils maintiennent entre eux, Robert est la plupart du temps sur la route au volant de son énorme Mercedes, rarement chez lui plus d’une quinzaine de jours d’affilée, mais plus encore ce manque d’intérêt d’Anna pour tout ce qui n’est pas AV productions :

P112 la perdre sans la perdre est encore plus dur que de la perdre réellement.

P114 Ecoute, soupire-t-il, dis moi seulement que tu n’en a plus envie et le tour est joué./ C’est un peu plus compliqué que ça : Mais enfin, je te le dis Robert, je n’ai plus envie de cette situation, de ces mensonges

P115 C’est comme le tabac, Robert, si tu n’arrêtes pas d’un seul coup, tu n’obtiens aucun résultat. Soit raisonnable. Nous sommes de vieux amis. Tout ira bien.

P115 les hommes à l’approche de la cinquantaine commencent à vieillir, ils réagissent moins vite, connaissent d’âpres moments d’hésitation, d’incertitude, de complet désarroi, même.

P117 à cette époque, les premières illusions ont commencé à s’envoler, les premiers fruits verts sont apparus, les premiers abandons se sont déclarés. Nous avions quarante ans à peine.

P119 Inutile de t’excuser. Je sais l’épreuve que tu traverses./ Je sais que tu le sais, Richard. Et c’est réconfortant pour moi qu’il y ait quelqu’un qui le sache, pour que je ne sois pas seule… Excuse-moi Richard, mais comment peux-tu dire que Vincent (leur fils amoureux d’une femme qui a un enfant d’un autre en prison) est assez grand pour se débrouiller tout seul ? Est-ce que tu plaisantes ? A-t-il déjà fourni la moindre preuve de quoi que ce soit ? Je ne sais pas, a-t-il parcouru des déserts, cinglé des océans, gravi des montagnes avant d’atterrir dans les bras de Joie ? En quel honneur faudrait-il lui accorder des qualités qu’il n’a encore jamais montrées, à ma connaissance ? Simplement parce qu’il est notre fils ?

P120 Ton fils sert des frites dans un mac-do, Richard. Il est peut-être temps de se réveiller ?/vendre des frites à 24 ans n’a jamais tué personne/ mais il semblerait qu’il ait maintenant une femme et un enfant à charge. Tu vois la différence ou non ? Ecoute-moi. Elever un enfant, c’est aller jusqu’au bout, ce n’est pas l’abandonner au milieu de la route. Et je sais ce que tu vas me dire, qu’à son âge ce n’est pas au milieu de la route qu’on l’abandonne, qu’il est temps pour lui de faire ses preuves, mais considère une petite seconde la possibilité qu’il ait mis le pied dans un piège. Essaye de te le représenter. Tu n’irais pas l’aider ? Moi, il ne m’écoute plus, mais toi. Tu ne peux pas lui expliquer qu’elle n’est pas sa femme et que l’enfant n’est pas son enfant ?

P121 Le plus dur est de regarder sans bouger le désastre s’accomplir. D’avoir su, mais de n’avoir pas pu agir. Nous allons nous en mordre les doigts, de toute évidence.

P123 Tu es sa femme, je suis sa fille. Nous n’avons pas la même vision des choses. Toi, tu es allée le chercher. Mais je ne te le reproche pas, tu ne pouvais pas deviner. Mais quand même, tu es allée le chercher, moi pas. Tu peux rompre tous vos liens. Moi pas. Son sang coule dans mes veines. Tu comprends ou est le problème ?

P125 J’ai une sainte horreur de cet étalage de sentimentalité qui nous saisit, l’un ou l’autre, ici ou là, à l’occasion d’un souvenir ou d’un verre et qui nous rende, stupidement, presque larmoyants. Stupidement, car aucun espoir d’amélioration. Aucun espoir de se racheter de son coté, aucune chance d’effacer la tache, en cela il rejoint mon père, cette aptitude à être damné, car leurs actes irréparables les ont à jamais privés de rédemption, les ont bannis.

P126 je reprends mes mains, le soleil brille toujours. Ses gémissements sont moins déchirants depuis qu’il couche avec elle. Il semble également plus frais, plus en forme, je le vois à ce visage souriant qu’il offre, je ne me souvenais plus qu’il savait sourire, à sa façon d’être plus patient. C’est tout à fait déprimant. Cette fille arrive et elle ne prend que le meilleur.

P133 j’espère qu’Hélène finira vite par s’apercevoir que les choses ne sont pas très claires entre lui (richard) et moi et qu’elle finira par exploser. Et vous verrez que c’est encore vers moi que se tourneront les regards, mon attitude que l’on va critiquer. Comme si je le forçais à faire quoi que ce soit, comme si je l’obligeais à me tenir compagnie. Je crois qu’il sait ce qu’il fait. Et s’il ne le sait pas, j’en suis la première désolée.

P134 la réalité se charge de vous remettre à votre place

P137 j’ai fini par oublier que tout ce qui n’est pas résolu resurgit tôt ou tard, avec plus d’acuité, et ce mal nous a rongés jusqu’au dernier instant

FELT de NILS FRAHM

P152 Parler du passé ne sert à rien. Ne me demande pas de t’expliquer l’inexplicable

P154 la raison ne l’emporte que très rarement, et que de frustration, que d’ennui, que de désespoir n’engendre-t-elle pas lorsqu’on lui cède, me dis-je

P164 quand je pense, Robert, à la méthode que tu emploies pour coucher avec moi, je suis effarée. Mais ne viens pas te plaindre, après. Quand il ne restera plus grand-chose de mon respect pour toi, il ne faudra pas venir te plaindre, tu sais.

P168 je ne peux rien contre la terrible et risible absurdité qui gouverne nos vies.

P169 je ne t’ai jamais interdit de réfléchir, Vincent. Et non seulement ça, mais je t’ai toujours dit de réfléchir avant et non pas après.

P170 avoir la certitude que mes forces demeurent intactes et que rien n’est insurmontable, que tout est possible

P173 Le démon habite-t-il un corps vingt quatre heures sur vingt quatre ou ne l’investit-il que par instants

P178 Tous les prétextes sont bons, semble-t-il, pour maintenir notre relation en vie après chacune de nos détestables entrevues, mais il arrive, me dis-je sans y croire, que les choses les plus mal engagées finissent par s’accorder étonnamment bien au bout du compte.

P185 Décembre est un mois où les hommes se saoulent, tuent, violent, se mettent en couple, reconnaissent des enfants qui ne sont pas les leurs, s’enfuient, gémissent, meurent…

Nouvelles d’EUDORA WELTY

P188 Je ne sais pas à quel point tu tiens à elle. Mais à ta place, je ne reviendrais pas trop vite à la charge, j’attendrais un jour ou deux, sans donner signe de vie. Accorde-toi un round d’observation. Assure-toi la maitrise du calendrier. Ceux qui l’emportent sont ceux qui ont les nerfs les plus solides, ne l’oublie pas… Attends-toi à rencontrer une certaine résistance. Mais tout n’est pas négatif dans cette histoire. Vous allez pouvoir réfléchir l’un et l’autre à ce que vous souhaitez vraiment, vous allez pouvoir mettre votre relation à l’épreuve, la tester. Parce que Vincent, vous ne ferez pas l’économie de cette réflexion quoi qu’il arrive..

WE MOVE LIGHTLY DE DUSTIN O’HALLORAN

P207 Josie est une pièce délicate à manipuler si l’on ne connaît pas très bien les sentiments de Vincent à son égard. Mais les connaît-il lui-même ? Tout le problème est là, toute la difficulté de cette incertitude qu’il entretient, peut-être sans même s’en rendre compte

P216 J’ai toujours eu peur que mon père ne m’ait transmis quelque chose et que je ne sois qu’un maudit maillon de la maudite chaine

P219 J’avais oublié comme avoir un nouvel amant est agréable, comme chaque instant à ses cotés est rempli d’étonnement, de fraicheur, de dynamite, au moins durant les trois premières semaines, et comme il est agréable de jouer, de se cacher, d’entretenir un secret, de plaisanter. Il me dit que je suis superbe… voilà bien la drogue la plus puissante au monde.

P221 car nous n’avons qu’une chose en tête, notre prochaine étreinte, et jouer l’indifférence dans ces conditions prend une saveur particulière..

P222 Richard, dis-je, si elle se fait enlever (Hélène) dès que tu as le dos tourné, je te conseille de t’en séparer rapidement. Tu vas n’en récolter qu’amertume. Il fait partie de cette nouvelle race d’hommes avec lesquels on a vécu et avec lesquels on ne vit plus, et qui demeurent attachants contre toute attente, sous une certaine lumière et à dose modérée.

P227 j’ai honte de jouer ce jeu mais la honte n’est pas un sentiment assez fort pour empêcher quoi que ce soit.

EVERYTHING I KNOW DE PETER BRODERICK

P234 Au fond je ne pensais pas être une personne si étrange, si compliquée, à la fois si forte et si faible.

 

POUR ALLER PLUS LOIN: RESUME, AVIS, AUTRES CITATIONS

http://www.babelio.com/livres/Djian-Oh/393082

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