CET ÉTÉ-LÀ (VERONIQUE OLMI)

cet été là

Grasset, 2011

4ème de couverture :Coutainville, un week-end du 14 Juillet. Trois couples d’amis se retrouvent. C’est un rite immuable et léger. Une parenthèse joyeuse. Cet été-là, pourtant, un adolescent s’immisce dans leur petit groupe pour raviver, peut-être malgré lui, des culpabilités anciennes, des blessures… Cet été-là est un roman sur la fragilité des existences que l’on voudrait heureuses – mais dont les failles se creusent au rythme des mensonges et des compromis, un roman sur la solitude, lorsque le temps a passé, lorsque la lucidité a remplacé l’insouciance, et les doutes la jeunesse.

Une écriture incroyablement vivante et féminine. Karine Papillaud, Le Point.

Avec tendresse et humour, Véronique Olmi traque la faille intime qui sévit chez ces couples en crise et met à nu secrets et non-dits. Une réussite. Tatiana de Rosnay, Journal du dimanche.

 

Epigraphe : « et cela me consola, comme cela me console aujourd’hui : tout ce que vous croyez avoir imaginé est réel. Il faut seulement y survivre. » Joyce Carol Oates

P11 Ainsi pensait Delphine, ils seraient dix dans la maison, et c’était bien. Il fallait du monde, le plus de monde possible entre elle et Denis

P11Il avait (Samuel) douze ans de moins qu’elle (Lola), 26 ans à peine, et portait en lui l’enthousiasme de ceux qui savent peu de chose.

P12 Sans leurs enfants le trajet semblait plus long. Non pas que le silence entre eux soit une gène pour Delphine et Denis, ils y étaient habitués.  Mais les remarques d’Alex et de Jeanne quand ils étaient avec eux, les souvenirs qu’ils évoquaient et qui émaillaient la route entre Paris et Coutainville, rappelaient ce temps de leur petite enfance, quand leurs parents avaient encore le gout et l’envie l’un de l’autre…

P14 elle était jolie, elle l’avait toujours été et rien n’entamait cela, ni les maternités, ni le temps, ni même cette tristesse, maintenant que Denis et elle vivaient si mal ensemble, désaccordés et amers..

P15 Elle avait 40 ans et ne s’en plaignait pas, sachant combien dans dix ans, dans vingt ans, elle regretterait cet âge…

P16 Denis dit simplement en la dépassant : connasse va !/ Grande classe, lui dit Delphine

P17 Il semblait à Delphine qu’au lieu de vivre, elle hésitait. Une sensation légère de gâchis, en permanence.

P18 il ne s’attendait pas à cela, de toute façon, c’était idiot, ce tête-à-tête au restaurant à meubler les silences par des banalités, un calvaire.

P20 on longeait des zones pavillonnaires dans les jardins desquelles des piscines gonflables et des portiques demeuraient déserts. Le décor désolé de l’ennui, de la démission lente.

P21 Samuel était gentil. Il y a quelques mois il était même tout ce qu’elle aimait : enthousiaste, prévenant, plein d’énergie, et amoureux, oui, autant qu’on peut l’être quand on connaît si peu l’autre et qu’il est facile de faire entrer dans notre rêve cet être flou au service de notre imaginaire.

P24 j’ai une envie folle de faire partie du dépliant, tu sais : celui où on voit des copains galoper sur la plage, cheveux au vent, pull cachemire noué sur les épaules !

P33 ils avaient fait les courses que font les hommes, partageant le plaisir d’être ensemble dans une boutique de qualité, sans se soucier d’établir un menu ou d’être concrets.

P34 et elle se dit qu’il était troublant que tous nos âges cohabitent ainsi en nous, sans qu’aucun efface l’autre ou l’abime..

P36 et maintenant ils pouvaient partager une chambre et y être seuls. Partager une maison, des enfants, des amis, et que leur indifférence mutuelle soit acceptée par tous, comme une nouvelle couleur sur le mur, une chose irrémédiable et aussitôt admise.

P42 l’amour qu’elle ressentait alors pour ses enfants était un sentiment de possession jalouse et de fierté irrationnelle. Un sentiment fort et commun à tant de femmes.

P45 il semblait impossible à Marie et Lola que Delphine quitte un jour Denis, car elle était attachée à la famille, et à l’argent aussi. Elles pensaient qu’elle n’avait rien de ces femmes qui se réveillent un matin avec le gout d’une nouvelle vie à conquérir et d’un combat à mener. Elle avait la paresse de celles qui s’estiment peu. Elles savaient, sans en parler jamais, que Delphine trouvait dans les bras des hommes un dérivatif à une vie qui perdait sa saveur.

P46 Lire les journaux et trier des papiers était bien suffisant pour un homme devenu inutile et sans joie.

P53 Nicolas et Denis s’étaient tournés vers la mer, et chacun ressentait la puissance des femmes sitôt qu’elles étaient entre elles, leur complicité avait quelque chose d’implacable.

P54 Delphine vit Denis rentrer si vite dans la maison, passer derrière elle sans même la frôler, elle sut que cette distance lui était destinée, car c’était elle qu’il évitait, c’était parce qu’elle était assise là qu’il ne rejoignait pas Lola et Marie, comme Nicolas venait de le faire.

P57 Je vais me doucher, dit-il/ attends… j’ai besoin de te parler…/ là, maintenant ? Avec tout le monde autour ? Il aurait voulu être plus doux mais sa voix était pleine de colère, il lui en voulait de toujours si mal choisir ses moments, de ne jamais rien affronter de face et de le piéger par cette relation hâtive, ils formaient un couple entre deux portes, avec des phrases qui ne se terminaient jamais et des questions qui demeuraient en suspens./ je pensais que tu serais à l’étage, que tu aurais pris ta douche/ qu’est-ce que cela change ? C’est un WE entre amis, non ? On a fait quatre heures de route sans se parler et maintenant…/ je sais./ ça ne peut pas attendre ? Fit-il avec lassitude./ Je ne crois pas. Et elle sentit, dans la difficulté qu’elle avait à lui parler, dans la façon dont subitement elle eut froid et se trouvait perdue face à lui, qu’elle avait échoué : sa maison n’avait rien de poétique, et Denis était aussi fort que les murs, massif et indestructible, et elle sut qu’il avait raison : ce qu’elle avait à lui dire était déplacé ici, et maintenant.

P64 lors de ces we entre amis, à force d’être une personne conciliante et gentille, toujours surgissait un moment où à un autre l’envie de s’éclipser. Ne plus parler. Ne plus écouter. Ne plus comprendre..

P65 Elle était née dans cette fourmilière dont l’agitation ne cessait jamais… sept milliards d’êtres humains vieillissaient en même temps… Elle pensa que dans ce monde, chaque chose est nommée. L’intérieur d’une noix. Les parties du corps les plus microscopiques. Les sentiments les plus complexes. Les matières. Les fonds marins, les volcans, tout avait un nom. Elle, pourtant, aurait été incapable de dire précisément, justement, ce qui l’habitait…

P73 Quel type ? demanda-t-il avec cette petite fatigue avec laquelle il s’adressait le plus souvent à elle.

P76 elle (Marie, femme de Nicolas, meilleur copain de Denis) avait envie de lui demander tout ce que Denis savait de lui et qu’elle ignorait…

P77 je veux dire… Est-ce que se taire est un mensonge ?/ je ne sais pas.

P83 depuis l’adolescence de sa fille il allait de déception en déception et rien n’était conforme à ce qu’il avait imaginé… Il ne la comprenait pas et cette incompréhension avait un gout amer, pareille à une rancune qui ne s’avoue pas, et il se forçait à l’enthousiasme quand elle lui parlait au téléphone… Et qui était-il après tout pour regretter le peu d’ambition de sa fille ? Sa propre vie avait si peu d’éclat et il avait causé lui-même tant de malheurs…

P88 Fais comme moi, lui avait dit Lola, souvent je me parle comme me parlerait une amie. Je me dis : « mais ma chérie, achète-les ces petites mules Chanel, tu travailles assez, fais-toi plaisir…

P89 Elle avait cru qu’elle deviendrait connue, que cela avait une importance, mais quoi ? Son nom sur un programme de théâtre qui serait si vite périmé ? Son nom au générique d’un film qui serait bradé en DVD puis oublié, et après ? N’aurait-elle pas mieux fait d’aller planter des arbres ? N’aurait-elle pas mieux fait de ne rien faire ? Etre celle qui ne fait rien. Regarde et écoute la vie et n’ose jamais un commentaire ni un jugement. Une statue plantée au cœur du monde, une femme assise sur une chaise dans un parc sans exigence sans amertume.

P92 Il était semblable aux autres. Sauf quand il était avec Lola. Lola le rendait meilleur, elle était sa différence, sa fantaisie, une magnifique surprise dans sa vie convenue de jeune entrepreneur parisien..

P98 alors la lumière de la plage lui manqua violemment, comme manque soudain un être que l’on aime et sans qui la vie n’est plus que la vie, sans espérance et sans surprise.

P107 peut-être devrait-on enterrer les amours mortes. En faire l’éloge, avant que chacun parte de son coté..

P110 elle vivait derrière une vitre opaque d’où elle les regardait vivre, lui et leurs enfants, sans pouvoir se mêler à eux.

P111quelle douceur étrange il y avait à comprendre que cela ne reviendrait plus (les parties de foot sur la plage, les concours de plongeons…). Simplement et sans bruit tant de choses étaient finies et appartiendraient à d’autres, des inconnus, des générations pas encore nées…

P113 Ce serait peut-être lui (Dimitri, le garçon épris de jeanne, sa fille) le témoin de leurs dernières années à Coutainville, cet admirateur qui ne semblait pas à la hauteur…

P115 il aurait pu briser les jolis os de Delphine… mais elle était comme un roseau, indestructible, indéracinable…

P117 elle voulait lui dire. Cette vie qu’elle voyait passer sans pouvoir la rattraper. Ses enfants qui lui échappaient comme de l’eau dans les mains. Lui dire, oui, mais pas là, pas dans cette voiture au bord d’un champ comme entre deux portes, une fois encore. Elle avait besoin d’espace, de temps, ils méritaient bien cela non ? (elle se rappelle comment elle a été heureuse avec eux)

P118 le silence dans la voiture était aussi opaque que s’ils se fussent trouvés dans un caisson, un monde à part et étanche, et le soleil derrière la vitre chauffait cet espace clos. Ils ressemblaient à deux insectes capturés et manquant d’air.

P121 Mais n’était-il pas rassurant aussi de constater à quel point certaines personnes ne ressentent pas la douleur de vivre ? Elles nous entourent comme de vieux animaux familiers aux sens émoussés et ne perçoivent ni notre amertume ni notre peine. Oui, Delphine et Denis pensaient la même chose, au même moment. Mais comment l’auraient-ils su ?

P124 Il savait que l’attention soudaine qu’elle portait à toute chose était le signe de son éloignement. Elle était omniprésente, comme un tricheur qui prépare un mauvais coup et le masque par une honnêteté soudaine et outrée. Elle en faisait trop. Avait-elle l’intention de le quitter ? Avait-elle rencontré quelqu’un ? Pas seulement pour une nuit ou quelques semaines, quelqu’un avec qui s’inventer une romance, un futur ? La façon la plus commode, après tout, d’éviter la réalité. Oh, elle peut bien partir chez un autre, songea-t-il, surpris lui-même par son calme, après tout cette vie à deux est tellement minable et ne sert à rien, et puis on s’habitue à tout et il s’habituerait à recevoir ses amis sans elle, à rentrer dans une maison sans enfants, à les voir un week-end sur deux, tant d’autres le font, tant d’autres souffrent, pourquoi pas lui ?… Ainsi son amour pour elle n’avait rien empêché. Ni l’argent. Ni les enfants. Elle ne m’aime plus…Elle ne m’aime plus ? Et alors il se dit qu’elle en avait assez de vivre sans tendresse. Cette réflexion le surprit lui-même et il en fut étonné, et heureux aussi, il s’en réjouit comme un projet, merde il avait sacrément besoin de ça : la tendresse ! Et ça pouvait arriver, pas le bonheur, rien à fiche du bonheur il était trop vieux et il savait trop de choses, mais être un tout petit peu aimé…

P126 Certaines choses ne peuvent tout simplement pas durer.

P133 Denis se sentait léger. Excité encore par le projet d’une vie nouvelle, une vie sans Delphine mais dans laquelle il pourrait être aimé. Comment avait-il pu laisser la situation empirer ainsi, pourquoi avait-eu si peu d’amour propre ?..

P139 La plus courageuse, Marie, ce n’est pas celle qui se tait.

P148 depuis longtemps Nicolas était plus gai avec les autres qu’avec elle-même. Il n’y avait plus de fierté dans sa voix quand il parlait d’elle, leur complicité était devenue fraternelle, et depuis peu leurs étreintes égoïstes, toujours prévisibles. Nicolas vit les larmes pointer à ses yeux, c’était plus qu’il n’en pouvait supporter. Chaque chagrin de sa femme lui était une défaite personnelle. Chaque déception le faisait douter…

P169 Delphine avait pensé que ce serait plus simple. Elle allait glisser d’une vie à une autre. Elle savait qu’ils seraient mieux sans elle. Denis méritait autre chose que le rôle qu’elle lui faisait jouer. Et ses enfants avaient droit à un peu d’attention.

P175 la tristesse est un sentiment qui va mal aux femmes, pensa-t-il, la tristesse n’est pas surprenante, pas vive, elle diminue, le regard se grise.

P176 Voilà bien les hommes pensa-t-elle : tout, plutôt que la vérité. Comme c’est étrange… Comment les a-t-on élevés ?

P178 Il aurait voulu lui dire d’essayer encore. Mais il n’y arrivait pas. Il savait que la vie est pleine de derniers soirs, d’amours qui meurent, d’enfants qui grandissent tout seuls, et qu’aucun peintre jamais n’a pu capter l’exacte lumière d’un ciel orange.

P182 Elle aurait préféré qu’il voyage avec des escorts girls, qu’il ait une ou deux maitresses à New York ou Hong Kong mais ce besoin de solitude, ce besoin de recueillement sans elle ! La trahison qui vient de l’intérieur

P189 tu as raison, c’est nul… La campagne, c’est comme le magnésium, c’est bien sous forme de cure, mais sur le long terme on en perd tous les bénéfices… Avec de l’argent, qu’est-ce que je ferais ?

P189 Ce serait leur dernier 14 juillet… Les choses meurent. Les années passent et on peut décider soudain qu’elles ne se ressembleront plus. Mais est-ce que Marie accepterait de la voir encore ? Elle se souvenait de cette phrase que se disent les petites filles les une aux autres : « bonjour, est-ce que tu veux devenir mon amie ? » Devenue adulte, on est moins directe, on biaise, on prend des détours, la parade attendue de la séduction…

P190 Je préfère le voir comme il a choisi que je le voie. S’il veut me cacher des choses parce que ça lui fait du bien, c’est son droit. Je ne suis pas pour la dictature de la vérité. On a le droit de créer sa légende.

P195 on va pas parler fric tout le we, on va parler langoustines, aussi, et dès qu’une émotion surgira, Denis remplira les verres. C’est le principe du rite : l’immobilisme.

P198 Des couples se tenaient assis sur la digue, le chandail noué autour du cou, beaux et nonchalants, comme s’il fut normal d’être deux et d’être heureux… Lola voyait le visage des adolescentes dans les lumières furtives, elles riaient, elles bougeaient, en vue d’une seule chose : être remarquées, choisies, aimées d’un garçon, n’importe lequel, un avec qui elles se lanceraient dans ce qu’on appelle « une histoire », il était une fois… Ne deviendraient-elles pas bientôt des femmes semblables, surmenées et exigeantes ? La vie les prendrait dans son courant violent comme de minuscules poissons embarqués dans les rapides, et elles penseraient aller vite alors qu’elles ne seraient que projetées dans le rythme commun..

P200 a quoi se reconnaît-il que la vie est sans soucis ?

P205 Denis ne voulait plus rien apprendre sur Delphine, il était usé de l’avoir tant aimée, et il avait plus de cinquante ans. Il savait où le menait la vie et à quoi il devait s’attendre. Il savait plus qu’un autre que l’argent ne protège de rien. Il donne juste quelques illusions aux inconscients, mais lui savait. Il s’en voulait d’attendre après une rencontre, une autre femme pour être heureux le temps qu’il restait.

P211est-ce qu’il l’aime ? Et à quoi reconnaît-on ce sentiment dont parlent les livres, les films, et les chansons les plus stupides ? Un coup de dé. Pile ou face. On peut décider d’être amoureux…

P215 pourquoi ce qui nous fait du mal nous fait pleurer ?

P215 les Lagrange, Jean et Sophie, un des rares couples qui, comme eux, « tenait ». Un couple qui tient, songea Denis. Mais à quoi ? A quoi se raccroche-t-on ? A la peur du noir ? La peur de la grande solitude, de la vieillesse non accompagnée, des monologues et de la télé ?…

P216 il connaissait  Sophie et Jean depuis 10 ans et en les retrouvant chaque année, il se disait qu’il avait affreusement vieilli, car chaque année c’était sur leurs visages qu’il voyait les signes du temps qu’il ne voyait pas sur le sien.

P222 ils avanceraient avec entêtement mais ne sachant vers quel but, quel lendemain indéfinissable, des successions d’années dans lesquelles toute estime de soi serait absente. Toujours ils chercheraient à être meilleurs qu’ils n’étaient, toujours ils s’avanceraient, jusqu’à tomber et se rendre.

P222 (Dimitri) par exemple, il est si difficile de répondre quand quelqu’un te dit bonjour, parce que tout de suite après il te demande comment ça va, et ne te laisse pas le temps de réfléchir, et moi je pense qu’il faut du temps pour dire vraiment comment on va car souvent on ne le sait pas soi-même…

P225 il se dit qu’un garçon qui cherchait ses mots avec une telle volonté ne pouvait pas être un menteur. Les menteurs ont des discours fluides, appris avant d’être dits, ils sont protégés par leurs inventions..

P226 pour dormir loin d’elle cette nuit-là, deux étages plus bas, il avait prétexté une crise de migraine déclenchée par l’orage. Elle n’y avait pas cru et cela était sans importance. L’important était qu’elle ait fait semblant d’y croire et lui ai proposé un Doliprane, et indiqué le tiroir de la cuisine qui contenait les médicaments. Ainsi, on peut passer du monde sincère à celui du faux avec exactement les mêmes mots, les mêmes prévenances, comme si toutes les situations  étaient connues et jouées d’avance. Lola n’était pas, il le savait, le genre de fille à faire des scènes. A s’accrocher ou à supplier. C’était une fille qui connaissait le revers de la médaille : elle était forte, donc souvent seule. Elle faisait partie de ces êtres qui se cachent pour pleurer et chassent leurs idées noires avec des remèdes aussi bêtes qu’infaillibles : alcool, séries télé, nourriture excessive, shopping, travail et toujours le sourire aux lèvres.

P228 « Mais bon Dieu qu’est-ce que tu vas chercher là-bas » (dans le désert, demande Nicolas à Denis), lui avait-il demandé une fois. Et Denis avait hésité, sachant que Nicolas ne comprendrait surement pas, car les mots de nos croyances sont des mots prétentieux, qui ne disent rien pourtant de ce dont nous faisons l’expérience avec une humilité bouleversée.

P234 Tu sais pourquoi je vais dans le désert ?… j’espère pouvoir m’étonner encore. Voilà ce que j’espère.

P249 (Denis et Delphine) Et ils rirent. Ensemble. (À propos d’une blague sur Dimitri, la sainte trinité..) Surpris de rire à ce moment-là, et pour la même chose. Puis ils en furent gênés, encombrés par cette complicité

P250 Je vais rester/ Ici ?/ oui, ici/ toute seule dans la maison ?/ tu penses que je n’en suis pas capable ?/ Tu nous rejoins quand ?/ Je ne vous rejoins pas.

Il sut qu’elle disait la vérité. Pour une fois. Et il ne protesta pas. Son désert à elle s’appelait Coutianville. Elle y avait droit autant que lui. Et c’était sans doute mieux que cette vie de coté qu’elle menait jusqu’alors. Les petits arrangements et les compromis qu’ils avaient tous deux acceptés. Il ne savait pas comment il en parlerait aux enfants, comment ils feraient tous les quatre pour vivre ainsi éparpillés, comme des animaux qui n’ont pas choisi les mêmes refuges. Pourtant, il n’y avait rien d’autre à faire, que dire d’accord. D’accord, dit-il. Et il vit sa gratitude

 

Livre sa passion, livre de poche nº 30947

« Comment font les autres, tous ceux qui ne meurent pas d’amour ? »

POUR ALLER PLUS LOIN: RESUME, AVIS, AUTRES CITATIONS

http://www.babelio.com/livres/Olmi-Cet-ete-la/225570

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